05 juillet 2008
Création de la société de gestion aéroportuaire de Nice
Nous avons voté hier le rapport 97 de l'ordre du jour du Conseil Régional.
Il concerne la création de la société de gestion aéroportuaire de Nice. Comme Toulouse, Bordeaux,et Lyon, Nice a été désigné comme aéroport pilote dans le cadre de la réforme de la gestion aéroportuaire, insitué par une loi du 20 février 2005.
Nous nous étions déja prononcé sur le principe de l'entrée de la Région au capital de la société aéroportuaire le 25 juin 2007 au capital de la société aéroportuaire de Nice à hauteur de 5% de son capital total.
Le capital initial est fixé à 148 000 euros, et divisé en 148 000 actions d'un valeur unitaire d'un euro.
Comme pour les trois autres sites pilotes, l'Etat est actionnaire majoritaire à 60% des parts,la Chambre de Commerce et d'Industrie 25% et les collectivités territoriales se partagent 15% du capital réparti à hauteur de 5% pour la Région, 5% pour le département des AM, et 5% pour la CANCA. cela correspond pour la Région à 7400 actions.
Cela n'a pas été facile car au démarrage la Chambre de Commerce et d'Industrie souhaitait obtenir 31% du capital et réduire la participation des collectivités à 3% chacune.
Le Conseil de surveillance de la société qui va naître comprendra 15 membres avec voix délibérative dont un siège pour la Région, comme les autres collectivités, la CCI ayant 4 sièges et l'Etat 8. Par ailleurs trois postes de censeurs ont été crées pour els trois communes concernées par l'aéroport, Nice, cannes et Mandelieu.
04 juillet 2008
L'avenir incertain de France 3 et plus globalement du service public de l'audiovisuel
La commission COPÉ, en utilisant des professionnels dont la compétence ne peut être mise en doute, n'avait-elle d'autre but que de masquer la volonté de l'hyper-Président de saboter l’audiovisuel public ? Les préconisations du rapport COPÉ ne sont guère différentes des annonces de Nicolas SARKOZY de janvier dernier. La suppression de la publicité n’était qu’un prétexte pour masquer le sabordage orchestré de l’audiovisuel public, il n'est plus permis d'en douter. On comprend mieux aujourd'hui pourquoi les élus socialistes, invités à participer aux travaux, n’ont pas voulu cautionner une nouvelle parodie de débat.
Nicolas SARKOZY, qui s’est bien gardé d’évoquer tout ajustement de la redevance sur les standards de nos voisins européens, s'est refusé à tout recours budgétaire. Il s’est habilement contenté d’annoncer, comme une nouveauté, une dotation en capital, laquelle compensera simplement, pour la seule année 2008, le manque à gagner qui a suivi les annonces perturbantes du 8 janvier.
En faisant de la suppression de la publicité la pierre angulaire de sa réforme de l'audiovisuel public, le président de la république a fait coup double en fournissant de l'ordre de 350 millions d'euros de recettes supplémentaires aux groupes privés (parts de publicité et deuxième coupure) tout en mettant l’audiovisuel public en cessation de paiement annoncée. La taxation proposée, née de l’effet d’aubaine publicitaire dont bénéficient maintenant les chaînes privées comme les opérateurs de téléphonie et les fournisseurs d'accès internet, ne pourra compenser l'énorme "trou" de l’audiovisuel public ainsi créé. C'est en effet près d'un milliard d'euros qu'il manque désormais au groupe public pour rivaliser avec ses concurrents commerciaux ou publics au plan européen. Et Nicolas SARKOZY tient à ne pas différer la suppression de la publicité sur les écrans de télévision des chaînes publiques, sachant pertinemment que cette mesure, purement démagogique, est très populaire.
Il faut dénoncer cette main mise du Président sur une télévision publique affaiblie. Hier soir j'étais à France 3 l'invité de l'édition de 19 heures pour évoquer les 100 jours d'Estrosi à la mairie de Nice. je suis arrivé une demi heure à l'avance pour discuter avec les équipes de journalistes et techniciens.
Le moral est au plus bas. sous forme de demi-plaisanteries, certains me disent ouvertement qu'ils ne savent pas si ils seront encore là à la rentrée.
A l'évidence, au-delà de tous ces cadeaux au secteur privé (chaînes bonus, publicité, allègement des seuils de concentration…), le projet du président de la république débouche sur le sabotage de l’audiovisuel public, encore moins indépendant du pouvoir politique dans son fonctionnement : encore plus sous-financé, avec une production française déboussolée par des "propositions d’intéressements", dirigé par un président qu’il nommera lui-même après avis d’un CSA et d’une majorité de parlementaires "godillots". L’avenir de notre audiovisuel public s'annonce très sombre car il ne ressemble en rien aux grands projets exemplaires de l’audiovisuel britannique ou allemand. La France fait aujourd’hui le choix de la télé Berlusconi qui pourra encore plus facilement nous vendre ses programmes de télé réalité.
Je suis profondément attaché au service public de l'audiovisuel et en particulier à france 3, précisément pour ses éditions régionales. J'ai toujours pensé qu'elles avaient un rôle très important dans l'information des citoyens sur la vie de leur ville, leur département, leurs collectivités. En sabordant france 3, la démocratie perdrait beaucoup mais j'ai le sentiment que les gens n'ont pas conscience de ce qui se trame.
Les élus ontpeut être une responsabilité parce qu'ils n'utilisent pas suffisamment leur capacité d'interpellation sur ce sujet extrêment grave. C'est ce que je fais ce soir sur ce blog, ave cmes moyens modestes. Si vous avez des suggestions n'hésitez pas.
03 juillet 2008
Ligne 2 : notre projet alternatif

Cet après-midi, j'ai tenu une conférence de presse avec Paul Cuturello sur la ligne 2 du tramway. Si nous avons fait cette démarche, ce n'est pas pour nous opposer au principe du passage du tram sur la Prom. Lors de la concertation publique qui s'était déroulée au printemps 2007, il est vrai que les Niçois avaient rejeté cette option et ce tracé présente également le handicap de nécessiter un matériel roulant incompatible avec celui de ligne 1. Mais là n'est pas l'essentiel à nos yeux.
Sur la forme, l'annonce faite par Christian Estrosi, de son choix, en totale contradiction avec les résultats de la concertation publique pose problème. le passage par la "Prom" est un choix possible , une option avec ses avantages et ses inconvénients comme les autres, mais c'est le mépris des niçois qui m'éxaspère.
Sur le fond, notre projet alternatif est clair, lisible, facilement explicable. Il s'agit de conserver à cette ligne 2 une vocation de desserte des populations et de service public aux niçois. On constate qu'en renonçant à la première partie du projet Peyrat la liaison Port-Jean Médecin, Christian estrosi économise 2 kms sur le trajet de la ligne 2. Nous luid emandons avec ça de rajouter à l'ouest 1,7 km et d'aller jusqu'au CADAM.
L'essentiel c'est que cette ligne 2 soit prolongée jusqu'à la cité des Moulins, le Centre administratif, le Parc de sports de l'Ouest et le Nikaia dès 2013 et non en 2018 comme cela est prévu dans le projet présenté la semaine dernière par Christian Estrosi.
Le projet actuel prévoit en effet un terminus de la ligne 2 à Saint-Augustin. S'il reste en l'état, les habitants des Moulins devront marcher entre 600 mètres et 1,5 km pour prendre le tram et les usagers et les salariés du CADAM 1,7 km. Autant dire qu'ils continueront à prendre leur voiture.
La cité des Moulins ce sont 12.000 habitants qui avaient déjà ressenti un sentiment d'abandon lorsqu'ils avaient appris que la ligne 1 se ferait sans eux. Les exclure de la ligne 2 serait un nouvelle injustice intolérable.
La pilule sera également difficile à avaler pour les 3500 salariés et les nombreux usagers du CADAM. Sans parler du Nikaia et du futur Grand stade que Christian Estrosi veut faire sortir de terre à cet endroit dans 2 ans et demi.
Je finirais par deux anecdotes. La première à l'attention de Nice-Matin et de ses lecteurs pour les mettre en garde contre les micro-trottoirs, qui peuvent être très trompeurs. Regardez plutôt ces deux titres de notre quotidien local à un an d'intervalle. Le premier est consécutif à la présentation de la consultation publique (3200 réponses). Le deuxième est. le résultat d'un micro-trottoir suite à l'annonce par Christian Estrosi du passage sur la prom de la ligne 2.
La seconde concerne Christian Estrosi qui a semble t'il des problèmes en mathématiques. Jeudi dernier lors de l'annonce de la future ligne 2, le maire a fait état d'un coût total de 400 millions d'euros, pris en charge à hauteur de 25% par le Conseil Général. Or, la délibération présentée lundi dernier par le président du Conseil général, un certain Christian Estrosi, fait bien état d'une participation de 25%. Mais sur 200 millions d'euros. Cherchez l'erreur!
Libération d'Ingrid Bétancourt : "une pensée pour son fils"

Avec Lorenzo, le 8 mars 2008 - Photo : Frédéric de Faverney
COMMUNIQUE DE PRESSE
Comme tous les français, j’ai été très ému par la libération d’Ingrid Bétancourt, d’autant qu’après 6 ans de captivité, on commençait à se demander si elle sortirait un jour
Je veux bien sûr rendre hommage à tous ceux qui ont œuvré en faveur de cette libération partout dans le monde, en France, mais aussi à Nice. Je pense en particulier à Véronique ANFOSSO, l’animatrice du comité local « Agir pour Ingrid » qui a organisé de nombreux évènements avec peu de moyens.
Mais quand j’ai appris cet heureux dénouement, ma première pensée est allée à Lorenzo DELLOYE avec qui j’avais déjeuné au mois de mars dernier. J’avais été impressionné par sa maturité et surtout la force son espoir de revoir un jour sa mère. Aujourd’hui je suis simplement heureux pour lui et pour toute sa famille.
01 juillet 2008
Comment saboter une vraie bonne idée ?

La création d'un Conseil Communal Consultatif était également dans notre projet politique. C'est donc avec une satisfaction réelle que j'ai vu cette délibération inscrite à l'ordre du jour, qui plus est en point n°1.
Mais, à sa lecture, je vous avoue que j'ai vite déchanté. Voici le contenu d emon intervention en séance du Conseil Municipal.
"Je me suis intéressé à sa composition, vous vous en doutez, et j'ai apprécié que le principe de faire siéger au Conseil Communal Consultatif les Conseillers Généraux de la Ville de Nice ne siégeant pas au Conseil Municipal soit intégré.
Médiatiquement la démarche est rentable. Le problème avec Christian Estrosi, c'est qu'il ne faut jamais s'arrêter au visible, mais il faut voir le dessous des cartes.
Or, cette délibération s'est préparée sans aucune consultation préalable de l'opposition.
C'est à dire que le maire et son entourage ont choisi les organismes, associations siégeant du N°7 au n°53, puisque vous choisissez un collège de 15 personnalités qualifiées et que pour finir il s'est auto-proclamé Président de ce Conseil Communal Consultatif, ce qui est grotesque.
Il y a des instances sur ce modèle. Aucune n'est présidée par celui qui dirige l'exécutif. C'est le corps électoral du Conseil Communal Consultatif qui doit élire son Président comme cela se fait par exemple au Conseil Économique et Social Régional.
L'autre exemple que l'on peut citer, c'est le Conseil de Développement de la CANCA, qui est l'instance consultative de la CANCA, présidée par Monsieur PERRANT. Allez-vous le virer et prendre sa place ? Très sérieusement, vous ne pouvez pas en tant que Maire vous saisir d'une question en tant que Président du Conseil Communal Consultatif , ça ne veut rien dire, c'est le cumul de trop !
Enfin, dans le choix des organismes 7 à 53, il y a des surprises et c'est l'arbitraire qui règne, intéressant parce que c'est révélateur de votre pensée profonde, de ce que vous êtes, de ce dont vous faites, au delà des discours de façade, finalement peu de cas.
Sur le sport par exemple : vous choisissez le CDOS et l'OGC Nice. Le CDOS, on comprend mais pourquoi l'OGCN, vous auriez pu, du choisir la FSGT qui est une institution à Nice, forte de plusieurs milliers d'adhérents.
Pour les syndicats de salariés, vous choisissez les syndicats représentatifs, mais pour la représentation des parents d'élèves, vous incluez, aux côtés des deux grandes fédérations représentatives que sont la FCPE et la PEEP, la FIPE qui est une dissidence de la PEEP et qui n'a pas de représentation nationale. Alors, il valait mieux prendre un représentant des associations autonomes de parents d'élèves, c'est bien plus représentatif que la FIPE.
Mais si on ne tient pas à la représentation nationale, alors au niveau des salariés, il faut intégrer l'UNSA, SUD et la FSU. Pourquoi deux poids, deux mesures ?
On retrouve l'Ordre des Médecins, l'Ordre des Architectes mais pas l'Ordre des Avocats. Ceux-là même qui vous entourent n'ont pas bien plaidé leur cause. Comment apparaître crédible sur notre revendication d'une Cour d'Appel, si vous faites si peu de cas des avocats à Nice. C'est une grosse erreur.
De même dans les syndicats, il n'y a pas de syndicat étudiant. Comment voulez vous que l'on ait un discours crédible sur Nice Ville Universitaire, si le Maire ne reconnaît pas les étudiants comme étant une force sociale, une force de proposition susceptible de faire bouger Nice. Quand un Maire considère aussi peu cette population, il ne faut pas s'étonner ensuite qu'on ne soit pas retenu dans l'opération CAMPUS.
Poursuivons. De la même manière, la social est totalement absent, la Semeuse, l'UDAF et l'AIF ne peuvent servir d'alibi. Aucune des grandes associations sociales employeuses : ACTES, ALC, Montjoye, l'ADSEA ou autre n'a trouvé grâce à vos yeux. A fortiori la plus petite. Mais le pire, c'est le mépris ou l'ignorance affiché vis-à-vis de la grande coordination de toutes les associations sociales de la ville, je veux parler d'ISN et de son Président, Bruno DEBOULOZ;
Rien non plus sur la précarité. C'est pourtant un des enjeux de demain. Pas de SAMU social, pas de Restaurants du coeur, ni de Secours Populaire ou de Secours Catholique.
Enfin, j'ai gardé les deux plus savoureuses pour la fin. Vous n'arrêtez pas, la main sur le coeur de tenir des discours plus écologistes que les écologistes. Je veux faire de l'OIN une référence en matière de développement durable, je veux faire à Nice une trouée verte, je veux faire ceci, je veux faire cela... Vous n'avez même pas choisi une grande association à vocation écologiste pour siéger à ce Conseil Communal Consultatif.
Enfin, un autre vide béant mais qui est certainement le reflet de votre pensée profonde. Ce n'est pas étonnant que l'autre jour à la CCI, on procédait à la liquidation de l'association Nice 2013, Capitale Européenne de la Culture, vous venez de faire comme si Nice était une ville sans culture. Aucune, vous m'entendez bien, aucune association culturelle n'a été retenue. On aurait pu retrouver le collectif de la Halle Spada, ou un représentant des Arts Vivants, au hasard Grain de sable, ou du Cinéma (Héliotrope) ou l'Art Moderne (Botox) mais non, rien de rien. Et ça prétendait faire de Nice une capitale européenne de la Culture, pour une fois le jury a fait preuve de lucidité.
Pour terminer, vous désignez plusieurs représentants de Fraternité Alpes Maritimes et c'est bien, je vous en félicite, mais désignez aussi un représentant de la FOL, la Fédération des Oeuvres Laïques parce que, Monsieur le Maire, jusqu'à preuve du contraire, c'est la laïcité qui nous cimente et qui est l'un des piliers de notre République.
Pour toutes ces raisons et parce que le principe même est bon et ne saurait être mis en cause, abstention."
30 juin 2008
je choisis la contribution de Ségolène sur une position précise
J’ai donc décidé de signer la contribution de Ségolène Royal.
Sur le fond toutes ces contributions vont se ressembler, dès l’instant où la déclaration de principe que nous venons d’adopter à la quasi unanimité définit un socle qui nous rassemble sur les principales valeurs du socialisme et les principaux enjeux nationaux et européens, voire mondiaux. Il y aura bien certaines originalités dans la contribution de Ségolène à propos de la révolution démocratique, de l’ordre juste ou de l’état préventif, mais en lisant les autres, on trouvera aussi des idées intéressantes.
L’essentiel est de constater qu’il n’y a pas de divergences de fonds susceptibles de ne pouvoir se surmonter dans le carde d’un rassemblement majoritaire.
J’ai pourtant longuement hésité entre cette contribution et celle de Jean Noël Guerini, Gérard Collomb, et Manuel Valls, « la ligne claire », qui n’a pas reçu auprès de la presse l’écho qu’elle méritait.
Avoir réduit cette contribution à une initiative de barons, c’est mésestimer le rôle qu’elle aurait pu jouer dans un congrès qui sera avant tout tactique.
De mon point de vue l’initiative de Jean Noël Guerini a deux objectifs :
- Dégager une majorité au prochain congrès qui rassemble les principaux ténors de notre parti. De fait, elle intègre une non candidature de Ségolène au poste de premier secrétaire puisqu’on connait la position de la plupart des « éléphants » du parti face à cette hypothèse.
- Protèger notre candidate à l’élection présidentielle d’un isolement dans le parti. C’est en cela qu’elle m’a paru séduisante.
Cette initiative se heurte à mon sens au principe de réalité du parti. C'est-à-dire qu’aucun des anti-ségolistes ne s’est rallié, chacun déposant sa contribution. Les DSK se sont regroupés autour de Pierre Moscovici, les jospinistes autour de Bertrand Delanoë, etc…Mais qui entoure donc Jean-Noël Guérini alors ? Essentiellement des élus ayant opté pour Ségolène en novembre 2006 et qui sont en position d'attente. La démarche de Jean Noël Guerini se trouve donc limitée par le seul fait que « la ligne claire » n’ait pas pu parvenir à faire bouger suffisamment les lignes.
Je souhaite également être dans la majorité du parti. Mais le temps de sa constrruction n’est pas encore venu. C’est pour septembre et le dépôt des motions. Je souhaite également que Ségolène Royal en fasse partie, soit en étant en capacité de rassembler autour d’elle même, soit en participant à un rassemblement dans les meilleures conditions.
Or c’est le rapport de force issu des signataires des contributions qui va créer les conditions de ce rassemblement. Il est donc important de ne pas affaiblir la dynamique de Ségolène. C’est le sens de mon choix.
Ceci étant, je suis ségoliste mais pas ségolâtre. En faisant le choix de signer sa contribution je participe à mon niveau à lui donner les meilleures chances de peser sur le rassemblement majoritaire qui va se construire d’ici à la mi-septembre.
Je ne suivrai par contre aucune aventure individuelle.
Telle est ma ligne claire.
27 juin 2008
Intervention sur les 100 jours du Maire prononcée lors du Conseil Municipal du 27 juin 2008

Photo : Nice-Premium
"Aujourd’hui, au moment où nous célébrons vos cent jours, résonnent sous les fenêtres de la mairie la colère sourde des sans papiers. Vous n’êtes certes pas menacé par l’exil, eux le sont déjà et cherchent ici une terre d’asile. A l’heure des bilans, des cent jours, les sans lendemains comptent en désillusion et désespoir alors que vous, vous criez réussite. Force est de constater qu’en dehors d’une vaste opération de communication autour des 100 jours, vous découvrez la dure réalité de la gestion de la ville de Nice. Vous vous rendez aussi compte que les résultats ne sont pas à la hauteur des annonces promises le 7 février par le candidat ESTROSI lorsque vous présentiez votre projet. « C’est un électrochoc que je veux pour notre cité » disiez-vous. Où est cet électrochoc ?
- Parole donnée, avez-vous dit, parole reniée en fait
Ce mandat a commencé par un marché de dupes. Le 12 mars, après avoir fait toute la campagne électorale en indiquant que vous profiteriez de votre poste ministériel pour aider Nice à se développer, vous avez effectué une volte face en annonçant lors d’une conférence de presse : « Je veux aujourd’hui annoncer solennellement que Nice sera demain ma seule priorité. Dans cet esprit, je quitterai, dès mon élection, mes fonctions ministérielles pour me consacrer uniquement à la gestion de notre ville ».
Qu’en est-il 100 jours plus tard ?
Le code électoral et un recours vous permettent de continuer à exercer la présidence du Conseil Général. On comprend mieux pourquoi, en étudiant les dernières délibérations qui seront examinées lundi en séance plénière du Conseil Général. Vous êtes en train de vider les caisses au profit de Nice et au détriment de toutes les autres communes du département. Intervenant ce matin en tant qu’élu niçois, je n’ai pas à m’en plaindre.
Paris, c’était fini, disiez-vous. Mais vous avez presque immédiatement provoqué une élection législative partielle pour retrouver au plus vite votre siège de Député des Alpes Maritimes au Palais Bourbon le 25 mai.
Mieux, le jeudi 19 juin, vous avez été nommé à la demande de Nicolas SARKOZY, Secrétaire Général Adjoint de l’UMP. Un véritable poste de numéro 2. Sans risque de se tromper, on peut affirmer que le cumul du mandat de Député et de Secrétaire Général Adjoint de l’UMP est plus contraignant encore qu’une responsabilité ministérielle. Votre promesse de vous consacrer uniquement à Nice n’aura pas tenu 100 mais 62 jours.
Si c’était pour obtenir des résultats significatifs, on pourrait comprendre. Mais sur les premiers grands dossiers nécessitant l’arbitrage du Gouvernement et de l’Etat pour notre cité, vous n’avez pas été particulièrement flambant.
- Le Centre Hospitalier Universitaire tout d’abord : Même si le résultat de votre négociation avec la Ministre de la Santé, Roselyne BACHELOT, permet au CHU de continuer à espérer la relance du projet Pasteur 2, la manière dont le montage de l’aide financière est organisé suscite des interrogations. Il manquait 57 millions d’euros. L’Etat s’engage aujourd’hui à attribuer une aide reconductible de 3 millions d’euros par an pendant 20 ans ! Quand on sait ce que vaut la parole de l’Etat de nos jours, cela laisse perplexe. De la même manière, il est inadmissible que ni vous, ni votre bras droit, Eric CIOTTI, n’aient été en mesure d’obtenir de la Ministre de la Santé une inspection de l’IGAS sur la gestion passée et présente du CHU, afin de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles ce déficit de fonctionnement de 37 millions d’euros, le plus important de France, s’est creusé. Nous en sommes réduits à commander un audit.
- La Prison de Nice. Sa reconstruction avait été placée par Lionel JOSPIN et Elisabeth GUIGOU au rang des priorités nationales, choix jamais démenti par la suite, jusqu’à ce que Rachida DATI vienne déclarer à Nice que ce dossier n’était plus une priorité du Gouvernement. Pour les précédents Gardes des Sceaux, il était urgent de remplacer notre maison d’arrêt, vétuste et entourée de toutes parts d’habitations par un établissement moderne aux normes. Circonstance aggravante, Dominique Vian, préfet des Alpes-Maritimes, a adressé une lettre au directeur de la maison d’arrêt de Nice, le 18 avril dernier. Je le cite : « la sous commission départementale de sécurité a émis un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation de votre établissement, motivé, notamment, par trois insuffisances notoires caractérisant un niveau de sécurité non acceptable ». La dite lettre s’achève ainsi : « J’attire votre attention sur votre responsabilité en la matière, qui serait totalement engagée si un sinistre se produisait ».
- L’Université de Nice. Elle avait déposé un projet dans le cadre de l’opération « Campus ». Tout le monde s’accordait pour dire que ce projet était de qualité et j’en profite pour saluer tous les acteurs de la communauté universitaire qui se sont mobilisés à cette occasion. On pouvait penser que le Maire défendrait sa ville et son Université. Or, les 500 millions d’euros promis par le Gouvernement pour relancer l’Université Française, éviteront Nice et peut-être même toute la région, si rien n’est fait dans les jours qui viennent. En effet, ont été retenues dans la première sélection les universités de Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Lyon, Montpellier et Strasbourg. Quatre autres projets devraient émerger dans la deuxième série où figurent 4 projets parisiens, Nancy, Lille et Marseille. Une fois de plus, Nice est la seule grande ville de France qui risque de passer à coté d’une aide majeure de l’Etat. Plus cruel pour vous, à l’exception de Bordeaux, toutes les Universités choisies à ce jour sont dans des villes dirigées par des Maires socialistes. Pour quelqu’un qui affirmait qu’il fallait être dans la majorité pour peser de tout son poids à Paris pour aider Nice, cela ne manque pas de sel.
Les grands dossiers passés, venons-en à la méthode : la démocratie estro-participative. Elle se résume en trois commandements.
Vous êtes en train de vous construire une démocratie participative sur mesure.
Le quotidien ressemble à s’y méprendre à la manière dont Jacques PEYRAT gérait la démocratie participative, peut-être en pire, parce que je vous concède que vous êtes beaucoup plus malin.
Premier commandement : tu feras de l’affichage mais ne cèdera rien sur le fond.
J’y reviendrai plus en détail tout à l’heure lorsque nous évoquerons les délibérations inscrites à l’ordre du jour concernant la création du Conseil Consultatif Communal et les Conseils de quartier.
Dans les Conseils de quartier, les Conseillers Généraux non membres du Conseil Municipal seront appelés à siéger, ce qui est une bonne chose et très habile en terme d’affichage. Mais derrière la mousse demeure l’essentiel, le Maire conserve la maitrise de la désignation d’un collège de personnalités qualifiées qui lui assurent la majorité absolue au sein de tous les Conseils de quartier.
Rien de nouveau par rapport à Jacques PEYRAT.
Les modalités de création du Conseil Communal Consultatif ne sont pas de nature à infirmer ce que je viens de dire dès l’instant où c’est le Maire, arbitrairement, qui désignera les 15 personnalités qualifiées et qui choisit les organismes, associations ou institutions, représentant les forces économiques et sociales de la ville qui vont y siéger. Vous contrôlez totalement ce nouvel organisme consultatif.
Deuxième commandement : tu feras croire aux gens qu’ils ont leur destin en mains.
C’est venir aux Moulins présenter devant 400 personnes le projet de l’ANRU en leur promettant une maison de projet et en leur faisant « gober » comme on dit à Nice que ce projet sera le leur, que « vous allez le décider ensemble ». Ce sont vos termes. Alors que vous savez déjà, à l’unité près, le nombre de logements que vous allez supprimer, quels bâtiments vous allez détruire, que toutes les grandes options sont arrêtées, que le projet est en fait ficelé. Au mieux il leur restera à choisir la hauteur des grillages et la couleur des halls d’entrée.
Troisième commandement : tu ne tiendras pas compte de ce que les niçois ont décidé lorsque cela ne te convient pas.
Dans ces moments là, vous jouez l’homme sans mémoire.
Ainsi, vous annoncez le lancement de deux grandes concertations publiques :
- Une pour l’aménagement de la sortie de la voie rapide ;
- Une pour la ligne 2 du tramway.
Or, ces deux concertations ont déjà eu lieu.
Celle du tramway a eu lieu entre janvier et mai 2007 et a été présentée lors d’une conférence de presse le 16 juin 2007. Elle conservait trois options mais abandonnait le tracé Promenade des Anglais. On comprend mieux en découvrant votre choix personnel à la lecture du quotidien local d’avant-hier que vous vouliez la recommencer.
Venons-en maintenant aux 100 jours proprement dits où il faut faire le tri entre les mesurettes gadgets et les grands problèmes. Intéressons-nous notamment à ce qui est la préoccupation n°1 des niçois : la question du logement social.
Pas mal de choses ont bougé en 100 jours.
La vente du siège de l’Office HLM. Obsédé par ce délai des 100 jours, vous avez fait voter « à l’arrache » à J +98, le principe, encore un, de la vente de ce siège. Mais à part le principe, l’impréparation est la plus totale. Aucune des questions posées par Monsieur Cuturello n’obtient de réponse.
Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est que vous ne les avez pas. Vendre le siège, c’est déménager tout de même 250 agents. Pour aller où ? Pas de réponse. Dans un quartier ? Dans un immeuble appartenant à l’Office ? Dans un immeuble à acheter ? Dans une construction neuve ? On ne sait. Au moment où les cours de l’immobilier d’entreprises commencent comme le reste à baisser, où l’évaluation des domaines de la valeur du siège n’est pas encore connue officiellement on entend parler d’une somme (comprise entre 8 et 12 millions d’euros). J’en viens à me demander si la sauce ne finira pas par revenir plus chère que le plat.
Les gardiens d’immeuble
Eux aussi devaient être là en 100 jours. Or, on vient de voter le principe de leur création. J’ai ouï dire que l’on en recruterait 20 en juillet me semble-t’il, pour satisfaire l’effet d’annonce mais nous sommes dans le flou total. On ne sait même pas s’il s’agira de créations d’emplois ou de redéploiements de personnels. Une fois encore les sites pilotes retenus sont l’Ariane et les Moulins. J’ai d’ailleurs adressé un courrier au député de la 1ere circonscription, votre premier adjoint, pour lui exprimer la déception et le mécontentement de tout le peuple des cités du 12ème canton devant son incapacité à obtenir au moins un site pilote dans les cités de l’Est. Une fois de plus, les Liserons, les loggias du Paillon, les cités de Bon Voyage, celle de Roquebillière, de Saint Charles, ou de Saint Roch sont les oubliés des opérations pilote.
Enfin et c’est l’essentiel, 100 jours devaient suffire pour nous donner une indication sur le rythme de construction de logements sociaux. Nous avions pris l’engagement de construire 1 000 logements sociaux par an avec la liste Changer d’Ere. Bien entendu, cela avait entraîné une surenchère de votre part, 1 500 logements sociaux par an, aviez-vous promis.
Aujourd’hui, vous êtes rattrapés par les faits. Il n’est prévu en 2008 que la mise en chantier de 662 logements sur Nice, 767 sur l’ensemble du territoire de la CANCA.
C’est très en-dessous des promesses électorales. On est à moins de la moitié.
A ce rythme-là, pour combler le déficit de 18 000 logements sociaux actuels pour répondre à l’objectif de 20% de la loi SRU, il nous faudrait 30 ans.
En fait, c’est le même rythme de construction que celui imprimé par Jacques PEYRAT lors du précédent mandat en matière de logement. Il ne s’agit pas de rupture mais de continuité en pire, puisque Jacques PEYRAT avait au moins l’honnêteté de ne pas annoncer de chiffres exorbitants.
Vos propositions en matière de logement social sont faméliques.
Passons maintenant aux engagements pris pour les 100 jours. Certains on été tenus, il faut vous en donner acte, mais il faut souvent nuancer.
- la gratuité de la 1ère heure de stationnement dans les parkings municipaux. Elle a été portée en fait à 80 minutes, mais en cas de dépassement, les 80 minutes ne sont plus gratuites, et il faut payer l’addition dès la 1ère minute. De plus la question du tarif résident n’est toujours pas abordée, c’est pourtant la cohérence car sinon la gratuité de la première heure devient une mesure incitatrice au déplacement en automobile.
- la gratuité des musées, l’entrée libre, comme l’avait suggéré Sophie DUEZ a été adoptée par le Conseil Municipal et cette mesure sera effective mardi 1er juillet.
- un service Allo mairie 24h/24h qui rentre tout-à-fait dans les opérations de communication dont vous êtes si friand. Parce que c’était les Directions du Territoire qui étaient chargées de ce dialogue de proximité, territoires dont on se demande ce qu’ils vont devenir et si au lieu de les moderniser, vous n’êtes pas en train de les liquider.
- la création d’une allocation mensuelle de 200€ pour les parents à qui l’on refuse une place en crèche. On peut considérer que c’est fait puisqu’elle sera effective à compter du 1er septembre.
Mais, elle n’est plus attribuée aux parents, mais aux seuls parents actifs. La nuance est d’importance, puisque cela signifie clairement qu’on créé une allocation dont sont exclus les parents demandeurs d’emploi, ou pire les familles monoparentales lorsque la maman est au chômage. Les critères même d’attribution de cette allocation sont donc profondément injustes, et ne peuvent que perpétuer l’ordre établi.
Rien n’est fait dans cette ville pour faire en sorte qu’un enfant en bas âge ne devienne un frein à l’insertion professionnelle de parents, en difficulté d’insertion professionnelle.
« J’engagerai parallèlement l’ouverture immédiate de 200 places de crèche ». Où sont par contre les 1 400 places de crèche promises ? Pas même la trace d’un plan prévisionnel (PPI). Pourtant, cette allocation mensuelle ne doit constituer qu’un palliatif et non un substitutif de places en crèche. La construction de crèche doit être un choix politique, une priorité politique quand on sait les enjeux de la socialisation des très jeunes enfants et leur incidence sur la suite.
- la création d’une force rapide d’action sur la propreté. La F.R.A.P. a été lancée le 21 mai, et comprend 20 agents du nettoiement, mais elle frappe surtout par son inefficacité. Les quartiers sont toujours aussi sales, et sa mise en place hâtive fait que ses compétences sont mal déterminées.
Quelques exemples :
Suite à l’appel d’un usager qui s’est plaint de la saleté rue Gioffredo, l’agent chargé des appels aurait répondu : « Cela ne relève pas de nos compétences, quand il y aura une tonne de gravats, alors appelez-nous ».
Le samedi suivant, un nouvel appel à la FRAP d’un cafetier du quartier, certaines personnes indélicates s’étant débarrassées d’encombrants en plein trottoir, rue Hôtel des Postes. Il a été répondu que si la rue était sale, c’est que les riverains étaient sales.
Du Peyrat dans le texte.
- La sécurité
« Je redéploierai la police municipale vers des missions de proximité en engageant un grand partenariat avec la police nationale et la justice » avez-vous promis. Nous n’avons pas vu arriver grand-chose.
En matière de sécurité, votre politique est à l'image de votre action. Beaucoup de communication mais malheureusement peu d'actes suivis de faits concrets : malgré nos différentes interventions, les effectifs de nuit sont toujours autant dérisoires à savoir 6 personnes effectivement sur le terrain pour la brigade de nuit et le récent renfort de la brigade cinéphile composée de 4 agents est très loin de suffire pour une brigade qu'il faudrait porter à au moins 30 agents.
La multiplication des inaugurations de postes de police municipale déjà existants relève plus d'un tour de passe passe médiatique qui tente à faire croire à nos citoyens que des nouveaux dispositifs sont en place mais il n'en est rien : la brigade verte était déjà en service lors de la précédente mandature, les effectifs plus nombreux en début de soirée ne sont que l'application du plan estival qui existe depuis plus de 4 ans. Aucune réponse n'est réellement apportée pour lutter de manière frontale face à la délinquance la nuit alors que l'on sait que 60% des délits s'effectuent entre 22h et 5h du matin. 5 commissariats de la police nationale ont été fermés ces cinq dernières années et le silence du maire d'aujourd'hui, ministre hier, est total alors que nous avons la conviction que la seule réponse adéquate et attendue est une vraie police de proximité.
- Le système de location de vélos
Là-aussi, vous avez voulu aller vite. L’impréparation est totale. On veut faire en trois mois ce que Paris a mis près de trois ans à réaliser. 3.100 points d’attache, 1.750 vélos, plus les 750 de la CANCA seront bientôt lâchés dans la ville sans aucune adaptation de la voierie communale. Aucune discussion sur d’éventuelles pistes cyclables supplémentaires. Pas de concertation non plus sur le choix des emplacements des aires de locations de vélos, les deux élus « Verts » du groupe « Changer d’ère » se sont exprimés longuement en début de semaine là-dessus. Si les choses restent en l’état, le service des urgences de notre CHU a de beaux jours devant lui.
Rien par contre, silence radio, sur un certain nombre d’engagements que vous aviez pris dans les 100 jours.
- La limitation des panneaux publicitaires 4/3 et des panneaux déroulants.
- L’ouverture de centres adaptés pour éviter la présence de SDF dans la rue et les jardins. Pour l’instant, la seule politique évoquée concernant les SDF a été celle de la gratuité des toilettes, c’est un peu juste.
- La création de 50 postes de Travaux d’Intérêt Généraux pour contraindre les délinquants à réparer leurs dégâts. On n’a encore rien vu.
- La création d’une animation culturelle, sociale et sportive pour les personnes âgées. On n’a encore rien vu venir alors que le Hublot, qui remplit cette fonction à l’est de Nice, est menacé par le désengagement des crédits de l’Etat et que la ville reste étrangement passive.
Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que vous vous êtes fixé vous même, sans doute en référence à l’admiration partagée avec Nicolas Sarkozy, que vous vouez à Napoléon, un délai totalement arbitraire, démagogique et qui ne pouvait qu’entraîner une succession de décisions dont certaines fleurent bon l’impréparation.
Ce ne serait pas bien grave si cela n’avait pour conséquence de laisser un personnel municipal désabusé et en plein doute.
C’est le personnel municipal qui subit les conséquences de ces décisions hâtives, désordonnées, parfois administrativement violentes. Les agents municipaux ont bien conscience qu’il s’agit de promesses électorales que vous devez tenir. Le bilan est plus que contrasté car toutes ces réorganisations nécessitent du temps, d’une part pour que le personnel s’habitue à ces évolutions, d’autre part pour qu’il s’organise et essaie d’obtenir de bonnes conditions de travail et de salaire, parce que les efforts que vous leur demandez méritent en retour un effort salarial.
Ce qui est indéniable, c’est que la nouvelle équipe municipale travaille beaucoup et qu’elle sollicite énormément les services, souvent à des horaires incongrus. Le summum est atteint dans le secteur de Monsieur Léonelli, le nettoiement.
Le personnel ne comprend pas. Il considère que les engagements que vous avez pris auprès d’eux pendant la campagne ne sont pas tenus. Ils perdent confiance, se démotivent et se demandent en définitive si tout cela n’est pas une stratégie visant à terme à privatiser tout le secteur. Tout cela plonge le personnel municipal dans l’inquiétude et le stress.
En résumé, et ce sera ma conclusion. Si votre démarche est habile, sachez que votre opposition est là, que je suis là avec mon groupe pour débusquer et révéler tout le trompe l’œil qui entoure votre gestion, pour remettre en perspective, en cohérence, vos décisions, pour aider les niçoises et les niçois à comprendre ce que vous faites en m’adressant à leur intelligence individuelle et collective. Et avec beaucoup de sérénité, je vous dis que vous ne pourrez pas leurrer pendant longtemps tout le monde tout le temps."
25 juin 2008
Santé: les restrictions se poursuivent...

Les franchises médicales imposées le 1er janvier dernier étaient bien un préambule au démantèlement de notre système de santé, comme le Parti socialiste l’a dit à maintes reprises.
Aujourd’hui, les mesures de déremboursement annoncées par le directeur de l’UNCAM dans la perspective du projet de financement de la Sécurité sociale 2009, s’attaquent directement au principe de solidarité.
« Le plan d’économies » vise, en effet, les Affections de Longue Durée, (ALD) c’est-à-dire les malades gravement atteints et les personnes âgées.
Le gouvernement veut réduire le nombre de maladies prises en charge à 100%, comme l’hypertension artérielle ou certaines formes de diabètes. Il ne souhaite rembourser qu’à 35% les médicaments à vignettes bleues pour les malades en ALD.
Les patients directement ou à travers leurs mutuelles paieront ainsi pour des soins jusqu’ici totalement remboursés. La gravité d’une maladie n’est plus un critère de prise en charge totale des soins.
Cette annonce met en cause l’égalité devant la santé, la politique de santé publique, et va réduire encore le pouvoir d’achat des plus fragiles.
Nous sommes dans une logique de déremboursements massifs qui déstabilise délibérément notre système d’assurance maladie solidaire. Nous sommes en train de changer de système de santé.
22 juin 2008
Fête de la musique à Nice.

S'il est un lieu à fuir ce soir là, c'est bien le Vieux Nice.
C'est donc la décision que j'avais pris au moins partiellement en établissant un programme plutôt équilibré.
J'ai donc décidé de commencer par Pessicart où le comité de quartier du dynamique président Claude Giauffret avait organisé sa fête de la musique à partir de 18 heures. Ce qu'il y a de très sympathique c'est que ce sont essentiellement des gens du quartier qui se produisent. C'est cela aussi la culture dans la rue. Cette jeune maman guitariste qui ne passera peut être pas à la postérité mais qui offre trois morceaux à sa voisine qui vraisemblablement ignorait qu'elle jouait de la guitare. Ce groupe de jeunes musiciens qui vient me saluer en me rappelant qui'ils ont représenté brillamment le lycée du Parc Impérial au printemps des lycéens et qu'ils ont terminé second.
Ensuite direction le club de la presse qui organisait sa première soirée dans les jardins de France Bleu côte d'Azur. Une intiative très agréable dans ce lieu qui manifestement ne sert pas à grand chose pendant l'année. J'en profite pour découvrir un verre à la main que Michel Bernouin est un fan de la "petite reine".
Je remonte ensuite vers Saint Roch car j'aime beaucoup cette place qui depuis 4 ans désormais, sous l'égide de l'APIL (l'association des commerçants de Saint-Roch) organise une fête de la musique très familiale, qui me permet de voir beaucoup de monde, de gens du quartier. Ce soir c'est la solidarité qui joue au maximum pour que la fête soit réussie. Même la permanence de Jacques Victor est ouverte et sert de base logistique.
Ensuite, direction Bon Voyage où ça bouge pas mal devant le CAL. Là encore je rencontre beaucoup de monde etj'arrive en pleine démonstration de tektonik par les jeunes du quartier. Le hip hop vient d'avoir lieu, je l'ai loupé, et ça me contrarie parce que je trouve qu'il y a dans le hip hop quelque chose de particulier qui fait une véritable communion avec le public des quartiers.
Je décide ensuite de me faire plaisir, il est 22 heures, et d'aller voir des copains jouer au théatre de l'Impasse. Je choisis de garer ma voiture à Saint-Roch et de descendre en tramway. Le choix s'est avéré judicieux tant c'était la panique en centre ville. Et je n'ai pu m'empècher de penser que ce tramway est vraiment ce qu'il est arrivé de mieux à cette ville depuis au moins 20 ans.
20 juin 2008
Où va l'hôpital, où va Estrosi ?

Le Conseil d'Administration du CHU qui s'est tenue hier n'a pas apaisé mes craintes, bien au contraire.
D'abord sur le style de présidence. La présidence Estrosi sera active mais le signal adressé hier a démontré tout l'inverse de l'apparence du discours;
Christian Estrosi se présente comme le champion du dialogue social. Heureusement ! C'est quand même la première fois en 12 ans que la totalité de l'intersyndicale boycotte la séance du C.A.
Le lieu de tenue du C.A également interpelle. Le C.A. a l'habitude de se réunir à l'hôpital de Cimiez, dans une salle conçue à cet effet, la salle Pierre Lilly. Hier, il se tenait au CADAM ! Bâtiment Estérel dans une salle Etat-Conseil Général !
Estrosi qui n'hésite devant rien a osé (ce sera inscrit au PV) nous expliquer que ce choix avait été fait pour faire honneur à l'un des plus grands CHU de France, en lui permettant de tenir son CA dans le lieu le plus prestigieux de l'Etat dans le département : la Préfecture !
La réalité est autre. Ce Conseil d'Administration devait traiter du fameux Plan de Retour à l'Equilibre. Or le maire s'était engagé à ce qu'il n'y ait pas de suppressions d'emplois. Il a obtenu la suspension des licenciements prévus dans l'année, mais n'a pu empêcher le non remplacement de 50 départs à la retraite, ce qui correspond à 50 suppressions de postes, d'où la colère des syndicats.
Il a donc déplacé le C.A. au CADAM pour échapper à la pression possible du personnel. Il l'a avoué à demi-mot en disant que pour s'exprimer, le démocratie avait besoin de sérénité.
On est loin du soi-disant lieu prestigieux. D'ailleurs le CADAM, hier après-midi ressemblait plus à Fort Chabrol qu'à un centre administratif : grilles d'entrée fermées, même les chauffeurs empêchés de rentrer, exigence de sortir une carte d'identité et la convocation au CA pour passer les barrages filtrants, une quarantaine de fonctionnaires de police sur place. Le moins que l'on puisse dire c'est que Christian Estrosi n'était pas serein.
Du gouvernement, il n'a pas obtenu grand chose mais suffisamment pour lui permettre de sauver la face, et permettre au CHU d'emprunter et au chantier de Pasteur II de redémarrer, ce qui est une bonne nouvelle pour Nice. Sinon, il y avait un déficit de 57 millions d'euros. Il obtient 3 millions d'euros reconductible pendant 20 ans !
Il y a de quoi s'inquiéter quand on voit ce que devient la parole de l'Etat. Ce gouvernement ne cesse de tirer de chèques sur les générations futures.
Cerise sur le gâteau. A 17 h 15, au moment où l'on aborde le point n° 2 de l'ordre du jour, le fameux Plan de Retour à l'Equilibre, Christian Estrosi se lève, sans un mot, sans aucune excuse, tourne les talons et s'en va, certainement submergé par un emploi du temps surchargé. Mais, ce Conseil d'Administration était crucial pour l'avenir du CHU. Que pouvait-il bien avoir de plus important à faire juste ce jour là?
Tout cela n'est pas rassurant pour l'avenir de notre hôpital.


















